Tous les articles par Gérard GRIVET

JNP 2020

Présentation du thème d’année faite par la FARAPEJ :

La prison est un espace où se regroupent des femmes et des hommes qui doivent vivre entre quatre murs une vie de grande promiscuité. On ne pense jamais (ou rarement) la prison comme collectif ou communauté sauf, d’une manière négative, pour évoquer des mutineries ou le communautarisme religieux ou politique. Les interactions qu’entretiennent les personnes à l’intérieur sont également plus souvent traitées sur le mode conflictuel que collaboratif. La prison regroupe des individualités dont le point commun est de vivre un temps de réclusion imposé en vue d’une hypothétique réinsertion. On demande au détenu qu’il porte, d’une part, son regard sur lui-même dans une dynamique d’amendement et, d’autre part, son regard au-delà des murs pour envisager avec sérénité son retour dans le monde. Tout se passe comme si la somme d’individualités que compose la prison n’avait pas de sens collectif. La prison est-elle autre chose qu’un entassement d’individus ? Peut-elle générer une dynamique collective positive ?

COVID-19

Comme la plupart des associations, le GPSE est touché par la pandémie qui empêche de faire des réunions en « présentiel » des interventions publiques et autres activités qui mettent des personnes en présence, comme dans les lycées.

La situation des personnes détenues est devenue, en établissement pénitentiaire et en centre de rétention, très anxiogène avec la suspension des parloirs au printemps, l’arrêt des activités, la promiscuité. La surpopulation un moment maîtrisée est repartie à la hausse.

Nous espérons, comme tous, qu’avec la vaccinations nous allons pouvoir enfin sortir de cette triste période.

La prison, une situation qui nous concerne !

Fleury-Mérogis
Couloir de détention

Les réformes pénales se heurtent souvent à l’incompréhension d’une société en recherche d’une sécurité toujours accrue. Dès qu’un fait divers occupe la « Une » de la presse, l’émotion incite les politiques à différer la mise en œuvre de mesures autres que l’enfermement et privilégient des mesures plus répressives.

Comment faire admettre aujourd’hui que d’autres solutions que l’emprisonnement peuvent protéger la société tout en diminuant la récidive ?

La privation de liberté qui exclue de la société :

  • facilite-t-elle la réparation aux victimes ?
  • fait-elle progresser la sécurité ?
  • permet-elle l’insertion ou la réinsertion du condamné ?

Le détenu est-il reconnu comme une personne ?

Sommes-nous prête à l’accueillir à sa sortie pour lui donner une place dans la société ?

La prison et l’exécution des sanctions pénales, un réel sujet de société dont nous souhaitons débattre en apportant informations, témoignages et réflexions.